L'évaluation par les pairs 2/2 | PairForm - Blog
L’évaluation par les pairs 2/2

L’évaluation par les pairs 2/2

évaluation entre pairs

L’article précédent sur l’évaluation entre pairs décrivait ce type d’activité et ses intérêts pédagogiques. Nous continuons le sujet en décrivant comment la mettre en œuvre et éviter certains pièges.

Comment met-on en œuvre l’évaluation par les pairs ?

La première action à mener est la conception de l’évaluation. Quel est son objectif ? Qu’est-ce qui me pousse à en faire une ? A quel moment du dispositif intervient-elle ? Sur quelles connaissances (fond et forme) porte t-elle ? Qu’apporte t’elle aux apprenants ? Quelle forme prendra t-elle ? Quels sont les critères objectifs de l’évaluation ?

S’il s’agit de la première évaluation entre pairs du dispositif de formation, il est indispensable au préalable de faire prendre conscience aux participants de l’importance de l’activité, de l’intérêt pour eux de la mener avec sérieux. Cette sensibilisation est plus difficile lorsque le nombre d’apprenants est élevé. Le formateur doit mettre en place une action adaptée pour convaincre les apprenants de l’efficacité de l’évaluation entre pairs.

Il convient aussi d’expliquer les critères d’évaluation. Cela peut se faire via une grille critériée (voir un exemple). Cette dernière est constituée :

  • de la liste des critères à prendre en considération ;
  • d’une échelle d’appréciation traduisant le niveau d’atteinte dans le critère ;
  • d’une description claire de la qualité observable attendue pour chaque niveau de l’échelle ;
  • et de la pondération de chaque critère dans le calcul du bilan global.

Cette grille permet au correcteur d’identifier la case de la grille qui correspond le mieux au travail évalué. Ainsi, la note attribuée est plus facile à calculer, plus fiable et moins sujette à la variété des correcteurs.

Mais d’autres questions sont à aborder. De quel outil je dispose pour organiser l’évaluation par les pairs ? Comment seront répartis les travaux entre les correcteurs ? Combien de rendus chaque apprenant doit-il corriger ? Comment calcule t-on la note finale ? Certaines plateformes possèdent des fonctionnalités avancées dans le domaine, ce qui facilite la gestion d’un grand nombre d’apprenants comme dans le cas des MOOC. Dans cette situation, les apprenants doivent corriger plusieurs travaux. Ils ne peuvent obtenir le résultat de l’évaluation de leur propre travail qu’après avoir terminé l’évaluation des autres. La gestion est automatisée. La note finale d’un travail s’obtient par une formule sur les diverses notes obtenues  : moyenne de tous les notes, moyenne après avoir enlevé les extrêmes…

Dans le cas de formation avec un groupe de taille modeste, l’affectation de qui corrige quoi peut se faire manuellement. Il est possible de se passer d’une note, une évaluation qualitative riche peut être suffisante selon les objectifs fixés pour cette activité.

Les écueils à éviter

La première difficulté de l’évaluation par les pairs est due au manque d’habitude des apprenants à évaluer leurs pairs. Pour lever ce frein, il est essentiel de sensibiliser les apprenants à l’intérêt de l’activité. Le formateur doit expliquer en quoi cette activité est un acte pédagogique efficace. Il doit aussi fournir une aide pour accomplir l’évaluation, en particulier une grille critériée.

La seconde difficulté vient du fait que certains apprenants accomplissent l’activité trop rapidement, sans la faire sérieusement. Dans ce cas, ils n’en tireront aucun apprentissage. De plus, les évaluations faites par eux ne profiteront pas aux apprenants évalués. Ces derniers seront déçus, voire énervés par une évaluation mal faite et perçue comme injuste. Pour lutter contre ce comportement, nous conseillons d’évaluer la façon dont chacun réalise les évaluations entre pairs. L’analyse de l’évaluation peut se faire en comparant les différentes évaluations données à un même travail. Un écart significatif entre les résultats d’un même travail doit attirer l’attention du formateur. Celui-ci peut vérifier si le travail d’évaluation suspect est bien fait ou non. Là encore, cette vérification peut se faire manuellement pour des groupes d’apprenants de taille modeste. Dans le cas d’un MOOC, il faudra l’automatiser.

Afin d’amener les apprenants à effectuer l’exercice d’évaluation par les pairs, on pourrait conditionner la réussite de la formation à l’exécution sincère de l’évaluation par les pairs. Sans doute, devrait-on aussi attribuer un badge pour reconnaître la capacité de l’apprenant à bien évaluer un livrable.

Conclusion

L’évaluation par les pairs est une activité très intéressante car elle est d’un grand apport pédagogique. Elle nécessite, cependant, de prendre quelques précautions dans sa conception, dans sa mise en œuvre et dans son suivi. Mais, au vue de son efficacité en terme d’apprentissage, pourquoi s’en priver ?

Et vous, avez-vous expérimenté une évaluation entre pairs ? N’hésitez pas à partager avec nous votre expérience par un commentaire Pairform ?

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