La cartographie collaborative au service de l’apprentissage | PairForm - Blog
La cartographie collaborative au service de l’apprentissage

La cartographie collaborative au service de l’apprentissage

cartographieAujourd’hui, nous avons souvent recours à des cartes géographiques et au positionnement d’objets ou de sites à travers les appareils du quotidien (smartphone, ordinateur, GPS de voiture, appareil photo…). Leur géolocalisation rend de nombreux services. Elle peut être utilisée au bénéfice de l’apprentissage. Cet article présente des apports pédagogiques de la géolocalisation et de la construction d’une cartographie collaborative.

Définition de la géolocalisation

Avant de commencer à décrire des usages pédagogiques, regardons la définition de la géolocalisation : il s’agit d’un procédé permettant de positionner un objet, un véhicule, ou une personne sur un plan ou une carte à l’aide de ses coordonnées géographiques. Ces données peuvent s’obtenir par divers moyens :

  • Le GPS d’un smartphone ou d’une tablette, souvent couplé avec la triangulation de réseaux wifi pour améliorer la précision de la position ;
  • L’adresse réseau de l’ordinateur utilisé ;
  • Les métadonnées inscrites dans des fichiers photos ;
  • La fourniture explicite des coordonnées sous forme textuelle ou en pointant sur une carte une position géographique.

Obligation

La loi informatique et liberté (CNIL) et à présent la RGPD (Règlement Général de Protection des Données) visent à respecter les droits de l’usager, en particulier par rapport à la géolocalisation. Cette dernière doit être librement consentie par l’usager ce qui signifie qu’il doit en être préalablement informé et qu’il a la possibilité de la refuser. La RGPD stipule que le gestionnaire des données doit expliciter le traitement qui en est fait et sa finalité. Dans le cas présent, le fournisseur de service doit l’expliciter et le formateur doit bien informer ses apprenants.

Certaines utilisations de la géolocalisation peuvent amener à la surveillance ou au suivi des personnes. Elles sont incompatibles avec des usages pédagogiques. Les apprenants doivent avoir confiance dans le dispositif pour pouvoir apprendre. Nous ne cautionnons pas les usages abusifs qui peuvent être faits de la géolocalisation. Cet article se consacre aux bienfaits de la géolocalisation sur l’apprentissage.

Usages pédagogiques de la cartographie

À titre d’exemples, nous vous proposons quelques activités pédagogiques favorisant une plus grande efficacité de l’apprentissage.

Activité 1

Une première activité consiste à identifier un ensemble de lieux en rapport avec le thème étudié : des roches dans un cours de géologie, des zones à risques dans une formation de cindynique, des arbres remarquables en botanique, …. Chaque apprenant est invité à comprendre des notions, des concepts et à chercher des exemples qui les illustrent. Il est possible de fouiller sur le Web ou de partir à la recherche de situations physiques réelles dans son entourage. L’apprenant fournit des illustrations et décrit en quoi ses découvertes décrivent un aspect des concepts étudiés. Cette activité pédagogique met l’apprenant dans une posture active dont on connait les bienfaits sur l’apprentissage : un meilleur engagement, une mémorisation renforcée, une compréhension plus grande.

La géolocalisation peut être mise à profit pour de nombreux thèmes. Nous vous invitons à proposer ici des thèmes et à expliciter les applications et bénéfices qu’on pourrait en tirer.

Activité 2

En prolongement de l’activité précédente, l’apprenant partage le fruit de ses recherches avec les autres apprenants et place ses illustrations sur une carte géographique. Ce travail de cartographie peut être démultiplié avec le numérique car l’ensemble des participants partagent la même carte sur laquelle tous les apprenants viennent placer leurs trouvailles. Ils leur est donc possible de :

  • voir les apports des autres, constituant autant d’autres illustrations des notions abordées ;
  • découvrir d’autres cas et des aspects non soupçonnés des notions étudiées ;
  • comparer ses propres découvertes avec celles des autres ;
  • confronter les explications associées aux exemples et, le cas échéant, de comprendre des analyses divergentes.

En plus de l’apprentissage issu de cette activité, le groupe bénéficie d’une cartographie construite collaborativement. Ce travail en commun est d’une richesse beaucoup plus importante qu’une activité individuelle. En effet, la communauté peut couvrir une étendue géographique et temporelle très large. De plus, la diversité des participants favorisent une variété d’illustrations, d’angles de vue des notions étudiées.

Grâce à une telle cartographie collective, il est possible de demander aux apprenants de comprendre les illustrations dans leur globalité. Ainsi, à partir d’un ensemble de descriptions et de photos de roches d’une parcelle, l’apprenant pourra fournir une interprétation de la mise en place de ces roches, analyser la continuité entre les couches géologiques, comprendre la formation géologique…

Activité 3

Une troisième activité pédagogique est de demander aux apprenants de se rendre sur un ou deux lieux identifiés par ses pairs et à proximité de soi. Se rendre à un endroit est facilité grâce à sa géolocalisation. Les personnes, revisitant des lieux, évaluent alors l’analyse fournie initialement. Elles établissent une critique constructive à partir de leurs propres observations in situ. Grâce à ce retour, l’auteur de la première analyse prend connaissance de la perception de son travail par un pair, ce qui l’aide à progresser.

Pour cette troisième activité, il est conseillé de choisir des illustrations pérennes afin que les pairs puissent venir les voir ultérieurement. L’ouverture d’une fleur, bien qu’intéressante, ne répond pas à cette exigence. Il est probable que la fleur ait disparu lors de la venue d’un second apprenant.

Au delà des avantages sur les apprentissages des participants, ces activités viennent enrichir le contenu de la formation. Tous les apports constituent autant d’exemples sur lesquels le formateur peut prendre appui pour mieux expliquer le contenu de sa formation. En reprenant les illustrations fournies par les apprenants, il favorise leur attention et leur intérêt. En capitalisant sur les trouvailles des apprenants durant les diverses sessions, le formateur constitue une bibliothèque d’exemples très riche. Cette collection de situations géolocalisées peut aussi être étudiée d’un point de vue temporel. Il est possible d’interroger les apprenants sur cette dimension : au cours des mois, les lieux observés ont-ils changé ? A quoi sont dus ces changements ?

Mise en œuvre de ces activités avec Pairform

Pairform comprend des fonctionnalités de géolocalisation à des fins pédagogiques. Les auteurs peuvent associer une position géographique à leurs messages. Celle-ci  n’a pas forcément de rapport avec la position physique de l’usager. Ce dernier a le contrôle sur la localisation, il peut :

  • ne pas localiser un message (il s’agit du mode par défaut) ;
  • associer sa position actuelle à un message ;
  • désigner une position géographique sur une carte, indépendante de sa position réelle ;
  • utiliser une position gps contenue dans une photo mise en pièce jointe d’un message ;

Pour mettre en œuvre les activités décrites ci-dessus, Il est demandé aux apprenants de poster des commentaires comprenant :

  • une description d’une situation, d’un lieu en rapport avec les notions étudiées ;
  • une analyse critique à partir de l’observation sur le terrain ;
  • des photos mises en pièces jointes ;
  • une position géographique en rapport avec l’observation et l’objectif pédagogique visé.

Par exemple, il peut s’agir de localiser :

  • une roche décrite dans le corps du message (pour un cours de géologie) ;
  • un arbre remarquable dont une photo est mise en pièce jointe du message (dans une ressource de botanique) ;
  • un bâtiment présentant des caractéristiques intéressantes discutées dans le message ;

Conclusion

Les activités pédagogiques proposées dans cet article mettent en valeur les intérêts de la géolocalisation :

  • Pouvoir facilement retrouver sur site une illustration réelle d’une notion :
    • Un apprenant peut voir concrètement des situations intéressantes vis-à-vis des sujets étudiés en se rendant à la position indiquée.
    • Il peut bénéficier de l’évaluation d’un pair qui a pu se rendre au même endroit.
  • Constituer une bibliothèque d’exemples, une cartographie collaborative, que chacun peut consulter à distance et in situ.
  • Comprendre les exemples apportés par la communauté dans une globalité et établir des liens entre eux dans une dimension spatiale et/ou temporelle.
  • Améliorer l’apprentissage en renforçant la motivation, l’engagement, la mémorisation grâce à une posture active des apprenants et la présence d’un plus grand nombre de conflits socio-cognitifs.

Il existe d’autres usages intéressants d’une cartographie collaborative. Saurez-vous les identifier et les partager avec nous ?

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial