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Construire des activités pédagogiques efficaces

Construire des activités pédagogiques efficaces

Construire des activités pédagogiquesA partir d’un papier de recherche, les articles précédents ont décrit quatre niveaux d’engagement cognitif (passif, actif, contributif, interactif). A chacun d’eux correspond un processus de mémorisation distinct (mémorisation isolée, intégration, inférence et co-inférence). Il en résulte des compréhensions différentes (minimale, superficielle, profonde, élevée). Ces quatre modes d’engagement ne conduisent pas à la même efficacité (interactif > contributif > actif > passif). Comment peut-on exploiter ces résultats pour construire des activités pédagogiques efficaces en termes d’apprentissage ?

Précautions

Cette recherche met en exergue la plus grande puissance d’un engagement interactif. Nous avons donc tout intérêt à concevoir des activités pédagogiques qui amènent les apprenants à adopter ce niveau d’engagement. Néanmoins, il convient de prendre quelques précautions :

  • La tâche demandée doit être d’un niveau accessible pour l’apprenant. Dans le cas contraire, toute son attention est absorbée dans la compréhension de la consigne. L’apprenant n’est alors plus disponible pour la réalisation de la tâche. Si vos apprenants ne sont pas prêts pour une réalisation interactive d’une tâche, commencez par des activités plus simples pour les amener progressivement vers un niveau plus important. Il ne faut pas hésiter à guider les apprenants dans la réalisation de l’activité, par exemple en leur indiquant des points d’étape.
  • Le contenu associé à l’activité doit être pertinent par rapport à l’objectif recherché et à la consigne. De même, la production de l’apprenant doit être également pertinente et correspondre à ce qui est demandé. L’accompagnement et l’évaluation de son travail fourniront des informations sur ce registre.
  • La demande de faire une activité selon un niveau particulier ne garantit pas que l’apprenant adopte ce niveau d’engagement. Nous conseillons de rédiger une consigne précise et claire amenant l’apprenant à adopter un niveau d’engagement élevé. Dans l’exemple de la lecture d’un texte, la consigne peut être par exemple de réaliser une synthèse ou une carte mentale du texte. Si l’apprenant réalise l’exercice, il aura adopté au moins le niveau constructif hormis des situations de triche ou de plagiat.

Conseils

Les niveaux « contributif » et « interactif » impliquent la réalisation d’un contenu supplémentaire aux supports fournis. Le niveau « interactif » est plus exigeant car ce contenu additionnel est coconstruit à travers un véritable dialogue entre les apprenants. Il est donc préférable de construire des activités pédagogiques amenant les apprenants à créer du contenu, seul ou en groupe. Les outils en ligne collaboratifs sont une aide précieuse pour ce type d’activités. Il peut s’agir de :

  • un tableau blanc partagé pour coconstruire un plan, un schéma… ;
  • un mur d’affichage virtuel pour déposer et organiser un ensemble de post-its ;
  • un traitement de texte partagé (pad, Google Docs, Dropbox paper…) pour corédiger ;
  • un outil de cartes heuristiques collaboratives pour organiser des idées, des concepts ;
  • un environnement de social learning comme PairForm pour rédiger et partager des commentaires à l’intérieur de documents. Il est aussi possible de créer des documents au sein du groupe et qui sont ensuite soumis à des commentaires.

L’existence de traces de la coconstruction permet de s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un travail individuel cosigné par les autres. Si les apprenants savent à l’avance que le dialogue lors de la coconstruction est un élément d’appréciation des apprentissages, ils seront plus à même d’engager un réel dialogue constructif propice à un engagement interactif.

Des activités d’évaluation entre pairs sont également intéressantes car non seulement les apprenants réalisent un livrable, mais ils émettent aussi un avis sur le travail des autres. A minima, l’apprenant est dans une posture « contributive ». Si un dialogue est établi entre l’évalué et les évaluateurs afin de discuter du travail, des choix réalisés, des possibilités de l’améliorer ou de l’étendre, les apprenants passent à un niveau « interactif ».

Exemples d’activités

Afin d’illustrer les conseils, nous vous proposons ci-dessous quelques exemples d’activités. La mise en œuvre avec des outils collaboratifs n’est pas en général compliquée. Le plus difficile se situe au niveau de la conception de l’activité. Il s’agit de trouver le moyen de faire produire un livrable par les apprenants, de les amener à critiquer leur travail entre eux, de coconstruire le livrable. Après un peu de pratique, la conception de ce type d’activités est facilitée. Les ressorts sous-jacents sont souvent les mêmes.

  • Dans l’article “Quiz : peut mieux faire !”, nous proposons la transformation d’un quiz afin qu’il soit plus efficace. En analysant cet article avec le regard des niveaux d’engagement, on en déduit qu’un quiz est souvent accompli avec un niveau « actif ». En modifiant le quiz comme nous le suggérons, l’apprenant adopte une posture contributive en proposant des exemples illustrant les concepts interrogés. Lorsqu’une évaluation par les pairs est couplée au quiz transformé, l’apprenant peut adopter un engagement interactif. A partir des résultats de la recherche sur l’engagement, nous pouvons expliquer en quoi le quiz transformé est plus efficace d’un point de vue apprentissage.
  • Dans un mooc, une activité invite les apprenants à coconstruire une liste de points marquants à partir de l’étude individuelle d’un document ou d’une vidéo. Cette liste est réalisée à travers un dialogue critique sur un outil collaboratif. La consigne donnée encourage les apprenants à être interactifs.
  • Dans une formation à distance, les apprenants doivent proposer individuellement un protocole d’intervention à partir de documents fournis. Ils échangent leurs protocoles, les confrontent. A partir d’un dialogue constructif et des forces de chaque proposition, ils établissent ensemble un protocole commun qui sera ensuite mis en œuvre lors d’un regroupement en présentiel.

Conclusion

Selon l’article de recherche étudié, l’apprentissage est plus efficace avec un niveau d’engagement interactif. Celui-ci suppose une coconstruction de contenu et un dialogue entre apprenants. Le social learning vise à faire échanger des apprenants à travers des outils numériques facilitant les discussions et la cocréation. Ce mode de formation est donc adapté à un engagement de haut niveau. Les concepteurs de formation sont donc invités à imaginer des activités pédagogiques engageantes, les formateurs à les animer et guider les apprenants afin qu’ils adoptent autant que possible un engagement interactif. En amenant les apprenants à adopter un niveau interactif, on crée les conditions d’un apprentissage plus profond.

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